Comment écrire et dire un discours

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Un bon speech doit s’inspirer de la mini-jupe : Suffisamment court pour retenir l’attention, mais suffisamment long pour couvrir le sujet !

C’est la règle “ très sérieuse ” que j’applique lorsque j’aide mes clients à écrire leurs discours pour une prise de parole en public.

En effet, à l’ère du zapping et des réseaux sociaux, les grands discours pompeux aux figures rhétoriques et arabesques littéraires ne sont plus d’actualité. L’heure est à l’accroche, au slogan répétitif, au pitch. Les mots sont comptés, l’allure cadencé voire « rappé ».

Gagner le cœur des gens dans la prise de parole en public :

Toutefois vous pouvez avoir la plus belle partition, si vous ne savez pas jouer de votre instrument, vous n’allez pas gagner le cœur des gens ! Je parle en connaissance de cause : en tant qu’actrice j’ai joué plus d’un millier de représentations et je peux vous dire que les soirs où je n’étais pas inspirée, les soirs où le Dieu du théâtre ne m’avait pas visitée, j’avais beau interpréter les plus beaux textes de la langue française, je ne touchais personne ! Heureusement cela ne m’arrivait pas souvent, je priais beaucoup !

Deux temps forts :

Il y a deux temps forts dans un discours, qu’on se doit, comme dans la vie d’ailleurs, de réussir : l’entrée et la sortie.

Quand j’aide mes clients à composer leur discours, je soigne tout particulièrement ces deux moments majeurs que sont :

Le démarrage, l’accroche car c’est l’instant précis où vous allez capter ou non l’attention, c’est le moment crucial où les gens vont décider si cela vaut la peine de vous écouter ou pas. C’est l’instant magique où, je l’espère vous allez créer la connexion, tendre ce fil de soie si fragile entre eux et vous !

Et le second temps fort de votre discours, qui est trop souvent bâclé : la conclusion. Or, c’est la dernière image que les gens vont garder de vous, c’est le parfum que vous allez laisser flotter bien longtemps après avoir quitté les lieux.

Entre ces deux points il peut se passer tout ce que vous voulez mais vous devez réussir votre entrée et votre sortie.salut

Le secret des grands orateurs :

Ensuite je fais travailler la forme, comment interpréter “ jouer ” ce discours, lui donner du panache, faire pousser ses ailes.

Jeune actrice, j’ai débuté dans le répertoire classique et les longs tunnels dont les auteurs classiques raffolent me paniquaient. Je prenais mon élan, je m’enfilais la tartine d’une traite, et terminais en apnée ayant perdu dans la foulée l’intérêt du public.

Un grand nombre de mes clients ont le même problème lorsqu’ils doivent dire un discours. Ils ne savent pas comment commencer et essaient de terminer leur allocution le plus vite possible. Ils oublient de respirer et parlent à toute vitesse pour en finir au plus vite.

Ce n’est pas la bonne méthode !!! Je l’ai découvert lorsque…

Un metteur en scène renommé, Sacha Pitöeff*, qui m’avait engagée dans une pièce de théâtre m’a donné ce précieux conseil «  quand tu te lances dans une longue tirade, ne penses jamais que tu vas dire un monologue, sinon c’est le tunnel et tu vas emm… tout le monde ! Penses-le comme un dialogue, imagine que le public ou un des personnages va te répondre et laisse-lui l’espace pour te répondre, crée le dialogue dans tes silences, tes interrogations et tes exclamations. Fais vivre et vibrer ton texte et tu dompteras ton monologue aussi sûrement qu’un fauve et le public vibrera avec toi ! »

Ce merveilleux conseil s’applique aussi bien à un acteur qu’à un conférencier et à toute personne qui doit s’exprimer en public.

Pensez dialogue et non monologue !

Extrait de du livre de Carmela Valente «  Trac Victim » http://www.actingmethodinternational.com/carmela-valente-livre.php

Copyright Carmela Valente « les secrets de l’acteur au service du manager »© dépôt SACD N°157817

*Sacha Pitoëff était un comédien et metteur en scène de théâtre, ( 1920 – 1990 ). Il est commémoré au théâtre pour son interprétation légendaire de Henry 4 et Pirandello. 

 

 

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